Sélectionner la langue French English



[Abidjan] [Le Caire] [Casablanca] [Johannesburg] [Port Louis] [Nairobi]

>Accueil /Centre d'informations/ Actualités en Afrique

NOUVELLES D'AFRIQUE
Par Mr. Kasali Salami - Consultant

La performance de l’économie africaine n’a jamais été aussi remarquable au cours des dernières années, avec un PIB qui est passé de 4,6% en 2003 à 5,1% en 2004. Le taux de croissance pourrait rester au même niveau pour l’exercice sous revue, mais il devrait atteindre une moyenne de 5,4% en 2006, avec des perspectives de progression dans les années à venir. L’impact de l’inflation s’est aussi atténuée considérablement, traduisant une baisse du taux moyen qui est ainsi passé de 10,6% en 2003 à 7,7% en 2004, et pourrait ne pas varier en 2005. Toutefois, il est prévu une baisse d’un point en 2006. Cette évolution positive est peut être un signe annonciateur de l’ère de la relance économique et de la croissance durable tant attendue, qui verrait une Afrique tournée vers elle-même, mettant à profit ses énormes ressources naturelles pour emprunter graduellement la voie du développement et ne plus constituer une charge pour la communauté internationale qui lui a jusqu’ici apporté un soutien considérable.

Les africains ont sans doute consenti d’énormes sacrifices pour obtenir ces résultats, et il est espéré que plus jamais la performance des économies continentales ne connaîtra le ralentissement accusé lors des dernières années, lorsque la plupart de celles-ci se sont dégradées ou ont au mieux stagné. En fait, tout porte à croire que la tendance actuelle sera maintenue, compte tenu du soutien ininterrompu des pays développés et des mécanismes mis en place pour promouvoir les échanges. Dans ce contexte, les facilités proposées à l’Afrique par les Etats Unis et l’Europe, à savoir l’AGOA ainsi que l’initiative ‘’Tout Sauf Les Armes’’, revêtent une grande importance et pour en bénéficier, les différents programmes de réformes doivent être strictement appliqués, les dictatures militaires bannies, de même que le recours aux conflits armés.

Cependant, malgré ces résultats appréciables, le volume du PIB du continent fait craindre que son économie ne soit pas encore mûre pour garantir les différentes infrastructures nécessaires à la satisfaction des besoins fondamentaux. Avec un chiffre estimé à 480 milliards $EU, il ne représente que 1,5% du produit intérieur brut mondial, soit 31.500 milliards $EU. Ainsi, la majorité des populations, en particulier celles qui se trouvent au Sud du Sahara, vivent avec moins de 1$EU par jour et tant qu’elles continueront à faire face à cette dure réalité, les statistiques impressionnantes portées au crédit de l’Afrique n’auront aucun sens. Les dirigeants de ce continent qui sont tout-à-fait conscients du fossé qui existe entre les chiffres officiels et la réalité des faits, s’emploient mettre en œuvre des mesures concrètes à même de permettre d’améliorer le sort de leurs populations. Il n’est donc pas surprenant qu’entre autres exigences de base, le règlement urgent de la question de la sécurité alimentaire et de l’accès aux soins de santé à moindre coût ait figuré en bonne place au menu des discussions de la Quatrième Session Ordinaire de l’Assemblée Générale de l’Union Africaine tenue en avril 2005 à Abuja, Nigéria

Contrairement aux années qui ont suivi immédiatement les indépendances, les dirigeants africains ont maintenant compris qu’il était plus sage de prendre leur destin en mains, et de chercher au niveau interne les solutions aux problèmes qui assaillent le continent. En effet, force est de reconnaître que les pays développés en sont arrivés à ce stade par le travail, le service désintéressé et la volonté d’aller de l’avant. Certes, l’Afrique a encore besoin du soutien de la communauté internationale, et c’est pourquoi elle s’emploie à l’obtenir selon sa valeur et de manière honorable. De même, des efforts sont entrepris en vue de créer l’environnement propre à lui faire profiter des fruits de la mondialisation de l’économie, ce malgré les sacrifices à consentir.

En dépit des difficultés inhérentes à l’application des nombreux programmes de réforme visant à les intégrer dans le nouvel ordre socio-économique et politique mondial, les pays africains se sont très vite adaptés et ont pu créer un environnement propice à la démocratie. Des réformes économiques ont été introduites, qui devraient permettre d’accélérer la croissance et le développement du continent. A cet égard, il suffit de noter le dynamisme et la rapidité avec lesquels les entreprises publiques sont en train d’être privatisées. A l’heure actuelle, le secteur privé ne contribue que très peu au PIB de l’Afrique. Par exemple, les crédits qui lui sont alloués en pourcentage de PIB ne représentent que 20% du chiffre correspondant dans les pays émergents d’Asie. A l’évidence, un travail considérable reste à abattre pour faire de ce secteur le moteur de l’économie. Par contre, il y a lieu de se réjouir de la guerre menée contre la corruption qui s’est intensifiée au cours de la dernière décennie. Devrait en émerger une Afrique plus respectée qui puisse attirer un volume d’investissements conséquent.

Outre les différentes mesures prises en vue d’y promouvoir le progrès, l’Afrique gagnerait à se convaincre qu’aucun problème ne peut être résolu par des conflits armés qui ne feraient qu’allonger la liste des maux qui frappent la communauté. Le continent n’a pas connu la paix durant les quarante dernières années. La destruction massive des biens et les pertes en vie humaines qui ont résulté de ces conflits ont dans une grande mesure ralenti son évolution, ainsi qu’en témoigne le faible niveau de développement des pays ravagés par la guerre. Ceci n’est pas pour attirer des investissements, alors que sans financements extérieurs la croissance et le développement peuvent être sérieusement compromis. Selon les estimations, seuls 10% des opérations commerciales en Afrique se font entre les pays du continent dont six ont 68% de ces échanges à leur actif. Il est presque certain que cette situation n’est pas près de changer de manière significative, en l’absence de systèmes financiers fiables pouvant servir de support à ces opérations. La paix demeure donc une exigence dans la conquête d’investissements.

Il est permis d’espérer qu’avec la bonne gouvernance et ses corollaires, à savoir la primauté du droit, le respect des droits humains, la justice et l’équité, les efforts entrepris en vue de créer une société pacifique porteront des fruits. Lors de la 6ème Session Ordinaire du Conseil Exécutif de l’Union Africaine tenue en avril 2005 à Abuja, Nigéria, le Secrétaire Exécutif de la CEA soulignait que le montant de plus 25 milliards $EU consenti au titre de l’aide officielle en 2004, doit être reconduit cette année pour permettre à l’Afrique de réaliser les Objectifs de Développements du Millénaire, notamment en ce qui concerne la pauvreté, la santé et la sécurité alimentaire entre autres. En fait, selon les indications, le volume des fonds requis avoisinerait 37 milliards $EU et devrait passer à 73 millions $EU d’ici 2015, date à laquelle les Nations Unies estiment que la pauvreté sera réduite de 50%. Par conséquent, aussi désireuse que puisse être l’Afrique de prendre son destin en mains, elle ne peut mobiliser seule des fonds aussi importants pour réaliser son développement. En réalité, les infrastructures nécessaires pour satisfaire cette ambition son déficientes ou inexistantes. Par exemple, la science et la technologie sont à l’état rudimentaire, les compétences en gestion encore en gestation, tandis que le capital intérieur est trop faible pour soutenir et pousser l’économie.

La communauté internationale demeure préoccupée par la condition critique de l’Afrique et ferait tout pour que ce continent ne se laisse pas distancer dans la course à la mondialisation. C’est ainsi que la Commission Africaine lancée sur les instances du Premier Ministre britannique semble avoir fait un pas dans la bonne direction au vu de la préoccupation que suscite en elle le fardeau de la dette de l’Afrique. Il est clair que le progrès de l’Afrique peut être freiné par des obligations financières aussi colossales dont le règlement semble s’étendre à perpétuité. Cette question a fait l’objet de longues discussions lors d’une réunion de trois jours ayant regroupé à Dakar les Ministres des Finances du continent, qui à cette occasion, ont appelé à l’annulation de la dette pour libérer l’Afrique de la servitude et lui permettre de planifier sa croissance. Sur la même lancée, l’ancien Président des Etats Unis Mr Bill Clinton a souligné lors du Forum Economique Mondial tenu en avril 2005 à Davos, Suisse, qu’une fraction des 80 milliards $EU prévus pour le financement de la guerre en Irak pouvait être consacrée à la lutte contre la pauvreté et les maladies en Afrique.

Le continent doit répondre aux attentes pour prétendre à l’assistance que les pays avancés entendent apporter au monde en développement dans le but d’éradiquer la pauvreté d’ici 2025. Il doit éviter les conflits et s’engager dans les différents programmes de réforme afin de libérer ses populations, mais aussi tous les pays pauvres, des affres de la faim et des privations.

Selon toute vraisemblance et au vu des actions menées par ses dirigeants pour améliorer le lot de leurs peuples, l’Afrique quittera enfin l’arrière-plan pour se mettre au devant de la scène et par là même, s’imposer et contribuer de manière positive aux questions qui touchent l’évolution du monde. Le désir de l’Union Africaine de se battre pour obtenir deux sièges permanents et cinq non permanents au Conseil de Sécurité de l’ONU est une indication quant à la manière dont les dirigeants du continent entendent poursuivre un objectif tendant à établir le poids économique de l’Afrique. Pivot du développement socio-économique et politique, l’industrie de l’assurance devrait être d’un apport significatif dans cette louable initiative.
Au cours de la période sous revue, les événements ci-après ont marqué l’industrie des assurances à travers le continent.

NOUVELLES COMPAGNIES

Les compagnies suivantes ont été créées au cours de la période sous revue:

Bénin : Avie Assurance

Cameroun : Samaris et Proassur Vie

Côte d’Ivoire : Loyale IARD, Sonar, Fedas, Cea Vie et Avenir Re – une compagnie de réassurance régionale appartenant à un groupe de professionnels du marché ivoirien, quelques compagnies de la zone francophone et une institution financière.

Libye : African Insurance Company Ltd et Sahara Insurance Company Ltd.

Maroc : La Royale Al Wataniya, fruit de la fusion de La Royale Marocaine d’Assurance et Al Wataniya.

Afrique du Sud : Unity Insurance Company Ltd – une compagnie assiociée d’Auto and General Insurance Company Ltd.

Togo : Fidelia Assurances

SINISTES MAJEURS

Algérie

• Le plus grand sinistre assuré jamais survenu en Afrique et dans le monde arabe, notamment celui de SKIKDA LNG, qui a eu lieu en janvier 2004, a été provisoirement estimé à 470 millions $EU.

Burkina Faso

Le sinistre incendie dont a fait l’objet une filature de coton le 31 janvier 2004 à Bobodioulasso a été estimé à 496.035.778 CFA.

Côte d’Ivoire

L’explosion d’une chaudière le 29 janvier 2004 dans une usine de fabrication de sucre à Ferkessedougou pourrait coûter 836.676.987 CFA à l’industrie ;

• L’accident d’un appareil de la CAMAIR à l’aéroport d’Abidjan (dégâts matériels) a occasionné un sinistre pouvant se chiffrer à 14 millions $EU.

• Un sinistre incendie survenu le 7 mai 2005 dans une entreprise de fabrication de mobilier (ARTIS) à Abidjan a été estimé à 700.000.000 CFA.

Le 26 novembre 2004, un Tsunami provoqué par un tremblement de terre au large des côtes indonésiennes a frappé une dizaine de pays dont le Kenya, Madagascar, la Somalie et les Scheychelles. Cette catastrophe a fait 250.000 victimes et des dégâts matériels estimés à environ 15 millions $EU.

LEGISLATION

Algérie : l’assurance contre les risques naturels est devenue obligatoire depuis le 1er septembre 2004.

Libye : les tarifs automobile ont été augmentés de 20% en févier 2005.

Nigéria : une loi portant réforme des pensions (Pensions Reform Act) est entrée en vigueur en juin 2004. Elle établit entre autres des Régimes de Retraite contributifs à l’intention des employés des secteurs public et privé, tout en posant les conditions à remplir par les administrateurs et les dépositaires des régimes de pension – les deux institutions qui gèrent les Plans de Retraite.

Sierra Leone

• Un nouveau Commissariat à l’Assurance a été créé. Auparavant cette structure était un Département du Ministère des Finances.

• Deux des dix compagnies opérant sur le marché, à savoir Motor and General Insurance Company et Commercial Insurance Company Ltd se sont vues retirer leur agrément.

Afrique du Sud

Outre le Financial Advisers and International Services Act entré en vigueur le 30 septembre 2004, et aux termes duquel les assureurs, les conseillers financiers et autres professionnels de l’industrie sont tenus d’en respecter les dispositions et de s’inscrire conformément à celles-ci, l’édition de mars 2005 du bulletin de SAIA contient les informations suivantes :

- Financial Intelligence Centre Act (blanchiment d’argent) : pour le moment les assureurs non vie ne sont pas concernés par cette loi ;
- Séparation entre la prise en charge médicale et l’assurance/réassurance maladie : l’opinion du Conseil Supérieur a été communiquée au Financial Services Board dont la décision est attendue ;
- Règles Relatives à la Protection des Détenteurs de Polices : le nouveau projet de règles a été publié ;
- Projet de loi du Financial Services Board relatif au Régime des Médiateurs : il a été approuvé par le Parlement ;
- Fonds pour les Accidents de la Circulation : le projet de loi portant modification de ce fonds a été publié pour commentaire, et devrait fixer la limite des paiements à R25.000.

DIVERS

Ethiopie

• La directive N° SIB/24/2004 de la Banque Nationale d’Ethiopie qui est entrée en vigueur le 1er mai 2004 interdit aux compagnies de délivrer des assurances de cautionnement et toute forme de cautionnement inconditionnel.

Gabon

• Les A.N.G (Assurances Nouvelles du Gabon) sont devenues Nouvelle Société Interafricaine après son rachat par le Groupe NSIA.

Malawi

• NICO a repris CGU le 1er avril 2005.

Maurice

• Jubilee Insurance Company Ltd a cessé de souscrire de nouvelles affaires en juin 2004 et depuis lors, elle ne traite que celles en queue de portefeuille.

Maroc

• Les parts de l’ARIG dans le capital de CNIA ont été vendues à un groupe privé marocain en février 2005.

Nigéria

• Les agréments des compagnies suivantes ont été retirés à compter du 2 août 2004 : Accelerated Insurance Company Ltd, Altimate Trust Insurance Company Ltd, Amicable Assurance Plc, Financial Assurance Company Ltd, Fortress Insurance Company Ltd, Gateway Insurance Company Ltd, Lake Insurance Company Ltd, Marine and General Insurance Company Ltd, New Era Insurance Company Ltd, Security Assurance Plc, Stallion Assurance Company Ltd, Triumph Assurance Company Ltd, Val Insurance Company Ltd and Unity Life & Fire Insurance Company Ltd.

Ouganda

• UAP du Kenya a acquis une part du capital de United Assurance Company Ltd qui lui a permis d’en être l’actionnaire contrôlant, dans une transaction qui a été conclue au cours du dernier trimestre de 2004.
• Imperial Insurance Company Ltd est devenu NICO Insurance (Uganda) Ltd après son acquisition par NICO (Malawi).


• Industrial and General Insurance Company, Nigeria, a gagné une offre de rachat de 60% du capital de la National Insurance Corporation , Ouganda, qui doit être privatisée. Les 40% restants seront mis en vente à la bourse.

 

Accès Rapide
Voir Rapport Annuel
Plan du Site
 

 

 
© 2007 - Tous Droits Resrves. AFRICA RE